Ateliers

Une nouvelle conscience par le local?

Animateurs: Alain Adriaens et Pierre Eyben
Rapporteur: Ezio Gandin

Il n’y a plus guère que quelques illuminés pour nier la grave crise écologique que nous traversons et la responsabilité humaine dans cette catastrophe. Cette apparente unanimité se heurte pourtant aux limites d’un énoncé fallacieux: il serait possible de « sauver la planète » par le concours de quelques « éco-gestes ». Atavisme de la pensée individualiste et croissanciste, cette vision réductrice reste totalement compatible avec l’économie de marché qu’elle continue à soutenir (greenwashing). Elle élude tant la critique du système économique et social actuel que celle du modèle culturel qui le sous-tend.
Le système politique actuel reste lui aussi soumis à l’idéologie capitaliste. Les plus optimistes entrevoient néanmoins dans certaines expériences municipalistes (Barcelone, Grenoble, Québec, Gand…) la possibilité de changer le monde par le local. Parallèlement se développent de nombreuses initiatives alternatives décentralisées : mouvement de la Transition, GASAP, SEL, repair café, coopératives, monnaies locales… Cela suffira-t-il à faire émerger la nécessaire conscience structurelle et holistique des enjeux sociaux et écologiques? Pourra-t-on recréer un imaginaire collectif? L’affrontement avec l’ordre capitaliste sera-t-il évitable? Quelle stratégie pour les communs?

Quel accueil pour l’autre, quelle diversité humaine?

Un nombre insuffisant de participant·e·s et un problème d’encadrement nous voient malheureusement contraints de retirer cet atelier du programme. Nous vous présentons nos excuses pour ce changement de programme et vous remercions pour votre compréhension.

L’école et la culture demain

Animatrice: Marie-Eve Tries
Rapporteur: Bernard Legros

Le sens de la vie en société est régi par les récits collectifs, qui indiquent à chacun sa place et ce qu’elle implique. Or nous sommes à une époque où, pour changement de paradigme oblige, nous devons travailler à la construction de nouveaux récits pour la société. Quelle place doit prendre l’école et la culture dans ce travail? Comment faire alors que l’école est en même temps l’endroit par excellence où les récits sont inculqués aux enfants? Comment s’appuyer sur la culture qui nous raconte « pourquoi et comment nous sommes ici »? Quelles sont les pistes pour travailler à la fois l’autonomie et la solidarité dans une société qui deviendra nécessairement plus frugale?
Cet atelier a pour objectif de réfléchir à la transmission culturelle: comment transmettre l’art et l’histoire en vue d’un changement de société? Sur quelles valeurs bâtir la transmission? La forme « école » est-elle encore pertinente? Si oui, qu’en garder? Si non, comment changer, attendu que l’instruction obligatoire protège en même temps les enfants des dérives du capitalisme? Comment concevoir l’éducation permanente? L’enjeu est de s’emparer de la question de la transmission en tant qu’objet de réflexion démocratique en refusant d’en faire un domaine réservé aux experts.

Message, actions, média et transformations culturelles

Animateurs: Alexandre Penasse et Jean-Claude Garot

Pour convaincre la population et atteindre la masse critique nécessaire pour appuyer une réelle transition écologique, sociale et démocratique, il faudra gagner la bataille culturelle. Mais avec quel message? Les rapports scientifiques sur le climat annoncent la catastrophe mais le capitalisme vend du rêve. Nous prévoyons les pénuries alors que les rayons des supermarchés débordent. Sur l’air du « plus jamais ça », nos politiques traquent pourtant les réfugiés et les chômeurs. Et puis, faut-il tout dire au risque de semer la panique ou de provoquer un déni démobilisateur?
D’ailleurs, le prosélytisme uniquement basé sur la raison n’a-t-il pas atteint ses limites? Personne en effet n’a envie d’entendre de mauvaises nouvelles. L’heure n’est-elle pas venue de militer par les affects et d’abandonner la posture défensive pour construire un nouvel imaginaire collectif et proposer un avenir désirable? Mais comment agir face à la force de frappe propagandiste du capital, à la dégradation des médias mainstream et de la condition des journalistes, aux fake news, aux difficultés de la presse indépendante…?